La Russie a mis ce samedi son veto au texte appelant à la cessation des bombardements sur Alep proposé par la France, empêchant, de ce fait, son adoption. La Russie, soutien principal du régime syrien, avait soumis un projet de résolution concurrent, appelant plus généralement à une cessation des hostilités, sur lequel un vote était prévu dans la foulée.

Afficher l'image d'origine

Un texte sur lequel les 15 pays du Conseil de sécurité doivent voter également ce samedi. Il « réclame l’instauration immédiate d’une cessation des hostilités, notamment à Alep » et demande à toutes les parties de permettre l’accès à l’aide humanitaire. Mais il n’appelle pas à la fin des bombardements aériens. Sur les quinze pays membres du Conseil de sécurité, seuls la Russie et le Venezuela se sont opposés à la proposition française. La Chine et l’Angola se sont abstenus. Les onze autres pays du Conseil, dont les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ont soutenu le texte.

Un membre des forces progouvernementales dans la banlieue d’Alep le 6 octobre.

La mise en garde de François Hollande.

« Un pays qui mettrait le veto à cette résolution serait discrédité aux yeux du monde ». Le chef de l’Etat, François Hollande, avait prévenu, ce samedi à Tulle (Corrèze), qu’un pays qui mettrait son veto au texte de la France sur la Syrie à l’ONU « serait responsable de la poursuite des exactions ».

Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations-Unies s’est penché ce samedi sur deux textes rivaux appelant à un cessez-le-feu à Alep. L’une de ces résolutions défendue par la France qui appelle à la fin des raids dans la deuxième ville de Syrie. L’autre le sera par la Russie qui réclame une cessation des hostilités sans évoquer ces bombardements.

media

Ayrault en appelle à une « révolte de la conscience ».

En déplacement à New York, pour défendre lui-même le projet de résolution, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a invoqué « un moment de vérité pour tous les membres du Conseil de sécurité », « en particulier pour nos partenaires russes », appelant à « une révolte de la conscience humaine ».

Deux semaines après le lancement par l’armée syrienne d’une offensive d’envergure avec l’appui aérien de Moscou pour reprendre la partie rebelle d’Alep qui lui échappe depuis 2012, les troupes du régime continuaient de grignoter le territoire des insurgés. Alep est le principal enjeu du conflit qui ravage la Syrie depuis cinq ans, faisant plus de 300.000 morts et provoquant la pire tragédie humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les Etats-Unis ont rompu le dialogue diplomatique avec la Russie au sujet de la Syrie. (photo: le Secrétaire d'Etat américain John Kerry, son homologue russe Russian Sergei Lavrov à gauche, et l'envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie Staffan de Mistura à droite, le 22 septembre 2016)

Washington rompt le dialogue avec Moscou.

Les deux pays ont suspendu leurs pourparlers sur un cessez-le-feu, tandis que les bombardements russes se poursuivent sur Alep. Lundi, le plus grand hôpital d’Alep-Est a été totalement détruit.

Pendant qu’Alep agonise, la diplomatie est dans l’impasse. Les Etats-Unis ont suspendu leurs pourparlers avec la Russie sur un cessez-le-feu en Syrie, après la destruction totale du plus grand hôpital du secteur rebelle d’Alep dans un bombardement aérien. « Tout le monde est à bout de patience avec la Russie« , a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche, Josh Earnest. « Il n’y a plus rien dont les Etats-Unis et la Russie puissent parler » à propos de la Syrie, a-t-il estimé.

« Il n’y a plus rien dont les Etats-Unis et la Russie puissent parler ».

Le régime syrien mène avec l’aide de la Russie une vaste offensive pour reprendre cette partie d’Alep, avec des bombardements massifs.

Afficher l'image d'origine

 « Nous regrettons cette décision de Washington », a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. « Washington n’a tout simplement pas rempli la condition clé de l’accord, à savoir l’amélioration des conditions humanitaires aux environs d’Alep », a poursuivi la porte-parole. « Après avoir échoué à respecter les accords qu’ils ont eux-mêmes négociés, (les Etats-Unis) tentent de faire porter la responsabilité (de l’échec) par un autre », a-t-elle accusé.

 L’envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a assuré dans un communiqué que l’ONU allait « continuer à faire pression énergiquement en faveur d’une solution politique au conflit syrien malgré l’issue extrêmement décevante des discussions longues et intenses entre deux acteurs internationaux cruciaux ».

Afficher l'image d'origine

Le plus grand hôpital d’Alep complètement détruit.

Dans le secteur rebelle d’Alep, décrit comme « l’enfer sur Terre » par l’ONU qui évoque « la plus grave catastrophe humanitaire jamais vue en Syrie », le plus grand hôpital a été complètement détruit lundi par des raids. « Les accusations selon lesquelles la Russie aurait bombardé des installations médicales, des hôpitaux ou des écoles sont toutes sans fondement », a déclaré un vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov. Il a estimé que l’intervention des forces aériennes russes avait aidé à « éviter un chaos absolu » en Syrie.

« L’hôpital a été visé directement par des raids aériens », a affirmé à l’AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). D’après SAMS, le bombardement a fait trois morts parmi les employés de maintenance de l’hôpital, connu sous le nom de code M10 pour des raisons de sécurité.

Projet de cessez-le-feu français, qui n’a « aucune chance de fonctionner ».

Depuis son lancement le 22 septembre, l’actuelle campagne militaire a permis aux forces pro-gouvernementales de grignoter du terrain aux rebelles dans le centre et le nord d’Alep, avec des bombardements qui ont fait au moins 220 morts selon l’OSDH. Environ 250 000 personnes, dont 100 000 enfants, vivent dans les quartiers est assiégés par le régime, selon l’ONU.

Divisée depuis 2012 entre secteur ouest contrôlé par le régime et quartiers est aux mains des rebelles, Alep est devenue le principal front du conflit syrien, qui a fait plus de 300 000 morts en cinq ans.

Le Conseil de sécurité de l’ONU étudiait lundi un projet français de résolution visant à instaurer un cessez-le-feu à Alep depuis l’échec de l’accord américano-russe. Mais l’ambassadeur russe à l’ONU Vitali Tchourkine a affirmé que ce plan n’avait « aucune chance de fonctionner ».

Vladimir Poutine, ici au Kremlin le 15 juillet 2016, a imposé la Russie comme le puissant acteur militaire de Syrie.

Comment Vladimir Poutine est devenu le maître du jeu en Syrie.

En un an d’interventions militaires aux côtés de Bachar el-Assad, la Russie a changé la donne en Syrie. Un engagement cynique, sans pitié, qui a profité de la passivité des Etats-Unis.

Un an tout juste après leurs premiers bombardements aériens russes en Syrie, ce vendredi, les civils des quartiers est d’Alep mesurent au quotidien le soutien direct apporté par Vladimir Poutine à Bachar el-Assad. Aux innombrables barils artisanaux d’explosifs largués par les aéronefs du régime ont succédé des armes plus sophistiquées. Les missiles perforants capables de réduire un immeuble en tas de gravats pénètrent jusque dans les caves, où dorment les assiégés et où sont parfois installés des hôpitaux de fortune.

La première opération militaire d’envergure de la Russie, en dehors de sa périphérie, depuis le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan en 1989, a rebattu les cartes en Syrie. Avant le 30 septembre 2015, le régime de Bachar el-Assad accumulaient les revers militaires, notamment à Idlib et Palmyre et voyait les régions littorales menacées par un nouveau front.

« Assad avait lui-même reconnu qu’il manquait de ressources militaires, la Russie a sauvé le régime et permis d’en stabiliser les lignes. Toute la dynamique militaire du conflit a changé », rappelle le politologue Ziad Majed, spécialiste de la Syrie. Mieux: il lui a permis de repasser à l’offensive, même si les gains territoriaux, en comptant la reprise de Palmyre à Daech, restent minimes – 2% du territoire.

Afficher l'image d'origine

L’opposition ciblée plutôt que Daech.

Les Russes plastronnent et se mettent en scène en véritable force d’opposition au « terrorisme », sans distinction entre l’opposition, dont fait partie un groupe jusqu’à peu inféodé à Al-Qaida, et Daech. « L’objectif général en tant qu’allié du régime est de faire table rase des rebelles capables de proposer une alternative au régime, obligeant les occidentaux à intervenir contre les radicaux », précise Julien Théron, spécialiste en géopolitique.

Des mécaniciens russes vérifient les fixations d'une bombe d'un Soukhoï SU-34 sur la base aérienne de Hmeimim, dans la province syrienne de Lattaquié, le 3 octobre 2015.
Des mécaniciens russes vérifient les fixations d’une bombe d’un Soukhoï SU-34 sur la base aérienne de Hmeimim, dans la province syrienne de Lattaquié, le 3 octobre 2015.

Loin d’avoir concentré leurs frappes sur l’organisation terroriste Etat islamique (EI), comme annoncé au départ, les Russes ont surtout visé les positions rebelles. « On sait que 81% des frappes russes n’ont pas concerné l’EI, mais l’opposition. Ils ont réussi à détruire des bases militaires et des dépôts d’armes de l’opposition syrienne, à affaiblir ses lignes défensives, notamment autour de grands espaces urbains », ajoute Ziad Majed. Alep y a perdu la dernière route qui la reliait à la grande zone sous contrôle de l’opposition du nord-ouest.

Allié de longue date du régime Assad, l’Iran a joué un rôle décisif dans l’intervention russe. Comme le racontait Reuters en octobre 2015, le chef des forces spéciales des Gardiens de la révolution, le général Qasem Soleimani – blessé près d’Alep en novembre dernier – s’est même rendu au Kremlin en juillet pour convaincre Vladimir Poutine de l’opportunité d’un retournement de situation.

Afficher l'image d'origine
Le général Qasem Soleimani.

Avantage technologique.

A peine quelques milliers de militaires russes – au moins 4000, selon un récent recensement électoral – à la tête d’un arsenal inédit leur ont permis de prendre l’avantage, en soutien aux milices chiites coordonnées par l’Iran. « Le seul soutien de l’Iran n’aurait pas suffi à maintenir le régime, estime Julien Nocetti, chercheur à l’Ifri et spécialiste de la politique de la Russie au Moyen-Orient. Cela a permis au passage à Moscou de reprendre la main sur Téhéran, comme l’a montré le voyage de Bachar el-Assad au Kremlin ». Le seul du dictateur en dehors de ces frontières depuis le début du conflit. Autrement dit: une convocation.

Vladimir Poutine et Bachar al-Assad, le 21 octobre 2015, à Moscou.Vladimir Poutine et Bachar al-Assad, le 21 octobre 2015, à Moscou.

« Avec son appui stratégique aérien, la Russie intervient comme le grand patron d’une armée diverse, mais c’est plus au niveau diplomatique qu’ils sont les maîtres », fait valoir Julien Théron. Ziad Majed abonde: « Ils n’ont pas encore atteint leur objectif militaire, qui est qu’il n’y ait plus qu’un choix entre Assad et Daech, et c’est pour cela qu’ils intensifient les bombardements. Si des armes ne sont pas livrées à l’opposition à Alep, les quartiers peuvent tomber, mais cela prendra des mois ». 

« Le maître des horloges »

« Poutine est le maître des horloges. Quand il fait preuve de souplesse diplomatique, c’est suivi par un pas en arrière militaire », constate Julien Nocetti. L’intensification des bombardements sur Alep à la fin de la trêve en est le dernier exemple. « D’ici deux ou trois semaines, en fonction de la pression internationale, il y aura une trêve pour faire partir ceux qui pourront le faire, prévenus de la force qui s’abattra sur eux ensuite », prédit le géographe Fabrice Balanche, spécialiste du Moyen-Orient au think-tank Washington Institute. Des soldats syriens dans le quartier de Parafira, après avoir pris le contrôle d'une zone rebelle d'Alep, le 28 septembre 2016.
Des soldats syriens dans le quartier de Parafira, après avoir pris le contrôle d’une zone rebelle d’Alep, le 28 septembre 2016.

Depuis le début du conflit syrien, la Russie verrouille par son veto au conseil de sécurité de l’ONU toute sanction contre le régime d’Assad, qu’il n’a jamais cessé de soutenir. Sa montée en puissance en Syrie a profité par ailleurs de la passivité de Barack Obama, confirmée lors du refus de frapper Damas après le massacre à l’arme chimique de la Ghouta de l’été 2013. « A l’excès d’interventionnisme de Bush a succédé l’excès de retrait d’Obama », résume Ziad Majed.

Qu’importe à la Russie de violer le droit international, jusqu’à se voir accuser ces derniers jours de commettre des crimes de guerre par les autres membres du Conseil de sécurité. « Avec la Syrie, la Russie est revenue à la table des négociations comme la 2e puissance militaire du monde, ce que voulait Poutine », conclut Fabrice Balanche. Pas sûr que la paix puisse s’en trouver plus facilement atteinte.

Attaques contre l’aide humanitaire en Syrie: « Une stratégie délibérée ».

Le convoi d'aide humanitaire bombardé à al-Kubra, près d'Alep, le 20 septembre 2016.
Les attaques qui ont visé un convoi humanitaire et une équipe médicale près d’Alep sont attribuées à la Russie et au régime de Damas.

Vingt morts dans le bombardement d’un convoi humanitaire, lundi. Quatre membres d’une ONG médicale tués à Alep, mardi. Ces deux nouvelles tragédies soulignent combien les infrastructures et les personnels humanitaires sont dans la ligne de mire en Syrie.

Une fois de plus, Moscou a rejeté toute responsabilité dans l’attaque qui a détruit 18 camions chargés d’aide humanitaire près d’Alep. La Maison Blanche tient pourtant la Russie pour responsable de cette frappe. Selon deux officiels américains, cités par l’agence Reuters, deux Sukhoi-24 -des bombardiers russes- se trouvaient au-dessus du convoi au moment où il a été détruit. « Il n’y a que trois acteurs qui survolent la Syrie: la coalition, les Russes et le régime syrien, a renchéri Jeff Davis, porte-parole du Pentagone. Ce n’était pas la coalition. Nous ne survolons pas Alep. Nous frappons seulement l’EI(groupe Etat islamique) qui n’est pas présent dans cette ville. » 

 Washington tient la Russie pour responsable de la frappe contre le convoi humanitaire du 20 septembreWashington tient la Russie pour responsable de la frappe contre le convoi humanitaire du 20 septembre.

Par ailleurs, l’ONU et la Croix rouge, co-organisateurs de la mission humanitaire, avaient informé le régime syrien et la Russie du contenu du convoi et des coordonnées GPS du trajet prévu, assure David Swanson, du bureau des Affaires humanitaires des Nations unies, cité par Buzzfeed.

 Afficher l'image d'origine

Le bombardement ne peut pas non plus être le fruit d’un accident. Un témoin contacté par le Guardian, constate un véritable acharnement sur la cible. Selon lui, les frappes ont duré « des heures », retardant le moment où les équipes de secours ont pu se rendre à la rescousse des blessés.

La Syrie, le pays le plus dangereux pour les soignants

Les ONG rejoignent les conclusion des autorités américaines. Une pratique condamnée à de multiples reprises, notamment par MSF et par l’OMS. Les attaques de l’armée russe contre des cibles médicales deviennent « de plus en plus fréquentes », observe même Ahmed Benchemsi de l’ONG Human Rights Watch.

L'hôpital d'Anadan (province d'Alep), soutenu par l'UOSSM, après une frappe aérienne, le 31 juillet 2016.L’hôpital d’Anadan (province d’Alep), soutenu par l’UOSSM, après une frappe aérienne, le 31 juillet 2016.

« Récemment, cinq hôpitaux et une banque de sang ont été visés », rappelle Ziad Majed, spécialiste de la Syrie. Ces attaques ne sont jamais revendiquées par leurs auteurs, « puisqu’une attaque intentionnelle constitue un crime de guerre », explique Françoise Bouchet-Saulnier, juriste et chercheure à MSF.

La Syrie est ainsi devenu le pays le plus dangereux pour les personnels soignants, selon l’Organisation mondiale de la Santé, avec 135 attaques contre des centres médicaux en 2015, dont les deux-tiers sont « délibérées ». De son côté, l’ONG Physicians for human rights(Médecins pour les droits de l’Homme) indiquait en mai que plus de 730 travailleurs médicaux ont été tués et plus de 350 établissements médicaux attaqués entre le début du conflit syrien en 2011 et mars 2016.

Afficher l'image d'origine

Empêcher les soins des opposants, pousser les civils à fuir.

« Ces attaques constituent une stratégie de guerre », dénonçait déjàAmnesty International en mars. Mais Moscou n’innove pas. la Russie poursuit une tactique mise en place par le régime de Bachar el-Assad dès le début du conflit. Elles ont connu trois étapes successives, décrit le politologue Ziad Majed. « Dans la phase pacifique de la contestation, les manifestants blessés par les tirs sur la foule ont très vite cessé de se faire soigner dans les structures d’Etat, où ils risquaient d’être arrêtés ou exécutés. Des médecins et infirmiers ont alors commencé à soigner en cachette les victimes de la répression. Beaucoup d’entre eux ont été arrêtés, torturés, assassinés. Il s’agissait de montrer à la population qu’il n’y avait pas de salut hors de la soumission au régime. »

Dans un deuxième temps, au début de la lutte armée, lorsque le régime a compris qu’il aurait du mal à récupérer les zones du pays passées aux mains de la rébellion, les unités de soins, ainsi que les écoles ont été systématiquement ciblées. « Il s’agissait d’y rendre la vie impossible, de créer le chaos, de pousser les gens à quitter les zones rebelles, soit vers les secteurs tenus par le régime, soit hors du pays », poursuit le professeur à l’Université américaine de Paris.

Un volontaire de la Croix rouge après le bombardement d'un dépôt médical dans le quartier de Tariq al-Bab à Alep, le 30 avril 2016.
Un volontaire de la Croix rouge après le bombardement d’un dépôt médical dans le quartier de Tariq al-Bab à Alep, le 30 avril 2016.

Plus récemment, « les attaques interviennent là où le régime, renforcé par l’aide russe et iranienne, croit pouvoir reprendre du terrain face aux opposants », complète Ziad Majed. « En poussant les civils à fuir, renchérit Ahmed Benchemsi, le gouvernement cherche à dépeupler les zones contrôlées par les rebelles, ce qui permettra de les assiéger plus facilement ».

Pour Françoise Bouchet-Saulnier, « la livraison d’aide humanitaire à une zone assiégée dérange ceux qui ont mis en place ce siège. Certains des acteurs du conflit ont pu craindre que le passage du convoi ne confère un avantage terrestre à l’adversaire ».

Un centre médical du Croissant Rouge touché par des bombes-baril dans le quartier d'al-Sakhour à Alep, le 28 avril  2015.
Un centre médical du Croissant Rouge touché par des bombes-baril dans le quartier d’al-Sakhour à Alep, le 28 avril 2015.

Autre explication, le sentiment d’impunité suscité par l’absence ou lafaiblesse de la réaction occidentale à ces attaques. Prévue en vertu de l’accord de cessez-le-feu du 10 septembre, la perspective d’unecoopération militaire entre Washington et Moscou contre les groupes qualifiés de « terroristes », semblait s’éloigner ces derniers jours, constate Ziad Majed. Ces deux attaques récentes pourraient être une manière pour Moscou de faire pression sur les Nations unies et les Etats-Unis: « Soit vous acceptez toutes nos conditions, soit nous accentuons notre politique de la terre brûlée. »

« Malheureusement, poursuit le chercheur, la réponse de l’ONU ne peut que renforcer Moscou et Damas: plutôt que d’exiger la fin de ces frappes, l’ONU a suspendu l’envoi de l’aide humanitaire. Non seulement l’agresseur échappe à toute condamnation, mais ce sont ceux qui en ont le plus besoin qui sont punis. » 

Afficher l'image d'origine

Publicités

Bon comme un citron bien rond !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :