Les vents et la sècheresse se sont combinés jeudi matin pour alimenter une flambée d’incendies en Israël pour le troisième jour consécutif.

Un Israélien essaie d'éteindre un incendie d'un toit dans la ville d'Haïfa, le 24 novembre 2016 (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ

Plusieurs milliers de personnes ont été évacuées de leurs maisons jeudi dans plusieurs communes du pays, dont des prisonniers.

Les résidents de huit à dix rues de Haïfa, la troisième plus grande ville d’Israël, ont été évacués en raison « d’importants incendies qui se sont déclarés dans un certain nombre de quartiers », a dit à l’AFP un porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

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Les secours affirment avoir transféré dans les hôpitaux une soixantaine de blessés légers, la plupart hospitalisés pour des problèmes respiratoires.

Le bataillon Kedem du Commandement de la Défense passive de l’armée a été sollicité pour aider à évacuer la région du Mont Carmel, selon un porte-parole de l’armée israélienne.

De plus, les réservistes du Commandement de la Défense passive ont également été appelées pour assister les pompiers dans leur lutte contre les incendies à travers le pays.

Les pompiers s'attaquent à l'incendie à Haïfa le 24 novembre 2016 (Crédit : Capture d'écran Dixième chaîne)

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a dit sur la radio militaire que la moitié environ des incendies serait d’origine criminelle, commis soit par des pyromanes soit pour des raisons liées au conflit israélo-palestinien.

Selon un responsable palestinien, l’Autorité palestinienne a contacté les autorités israéliennes pour offrir l’usage de ses unités de lutte contre les incendies pour combattre les incendies qui sévissent partout en Israël.

Le directeur général de la défense civile de l’Autorité palestinienne, le général Yousef Nassar, a déclaré que l’AP aidera Israël à éteindre les incendies qui sévissent dans tout le pays.

Nassar a dit au journal de l’AP « Wafa » que les Palestiniens enverront des équipes de secours et des pompiers pour travailler avec les secouristes internationaux en Israël.

Un incendie de forêt près de Haïfa le 24 novembre 2016 (Crédit : Police d'Israël)

Nassar a souligné que l’aide est humanitaire. Il a ajouté que ce n’est pas la première fois que l’Autorité Palestinienne a envoyé de l’aide humanitaire dans un pays étranger en citant les exemples du tremblement de terre à Haïti en 2010 et l’incendie du Carmel dans le nord d’Israël en 2011.

La France va envoyer deux avions ainsi que des équipes de pompiers pour aider dans la lutte contre les flammes qui déciment le pays,

Cette démarche est une réponse de la demande d’Israël à la France, au Portugal et à l’Espagne, selon Ynet. La réponse de Madrid et de Lisbonne n’est pas encore connue.

La vague d’incendies en cours a réveillé le souvenir du sinistre le plus grave de l’histoire d’Israël, survenu fin 2010, précisément sur les hauteurs de Haïfa, sur le mont Carmel.

L’incendie avait dévasté pendant plus de trois jours plusieurs milliers d’hectares et avait fait 44 morts, pour la plupart des élèves gardiens de prison pris au piège des flammes à bord d’un autobus.

Le maire de Haïfa, Yona Yahav, a déclaré que l’incendie qui brûle sa ville est une catastrophe nationale et appelle tous les résidents de la région de Carmel à partir immédiatement. « Au total, nous avons dû évacuer 60.000 habitants, c’est sans précédent à Haïfa », a dit le maire de la ville.

Des quartiers entiers de la ville des bords de la Méditerranée, une université, des écoles et les prisons ont été évacuées, a indiqué une porte-parole de la police, Louba Samri. Elle a ajouté que le feu près de la station d’essence à Shaar hagai, sur l’autoroute principale qui mène de Jérusalème à Tel Aviv ne menace pas les automobilistes. L’autoroute reste ouverte.

Une photo prise le 24 novembre 2016 montre un incendie qui fait rage dans la ville de Haïfa (Crédit : AFP PHOTO / Jack GUEZ)

« Une catastrophe nationale a touché Haïfa », a-t-il déclaré à la radio de l’armée.

« Nous ne pouvons pas dire combien de personnes [ont été affectées] car la plupart des habitants de la région du Carmel travaillent et ne sont pas à la maison. Nous demandons à ceux qui sont encore dans leur maison d’évacuer ».

Facebook a activé la fonctionnalité « Safety Check » pour la région de Haïfa, permettant aux habitants de la région de faire savoir à leurs proches qu’ils vont bien, alors que le feu ravage la ville.

Cette fonctionnalité avait déjà été activée l’an dernier lors des attentats de Paris, lors de l’attentat du 14 juillet à Nice et lors de la fusillade dans le nightclub d’Orlando.

La députée Sharren Haskel (Likud) membre de la commission des Affaires intérieures et de la protection de l’Environnement a déclaré au sujet des incendies : « Cela fait mal au cœur de voir le chaos que provoque les incendies. Depuis Haifa, j’envoie mes remerciements aux pompiers, aux policiers et à toute les forces de l’ordre qui sont sur le terrain. J’espère sincèrement que cette vague d’incendies ne soit pas une nouvelle intifada. Si c’est le cas, j’appelle les forces de l’ordre à appliquer la loi avec les incendiaires. »

Sharon Haskel à Haifa alors que des incendies ont éclaté ans le nord du pays, le 24 novembre 2016  (Crédit :

Prisonniers évacués.

Le quartier de Ramot Sapir était enveloppé d’une fumée dense poussée par un fort vent. Dans les rues quasiment désertées, seuls quelques résidents s’éloignaient à pied ou en voiture, certains se protégeant des cendres épaisses avec des masques, a constaté un journaliste de l’AFP.

Amit, 27 ans, a quitté l’université technologique voisine pour aider bénévolement les pompiers. « Il y avait des endroits où on avait besoin d’aide, on a aidé à éteindre les feux », dit-il à l’AFP.

Environ 600 détenus ont été évacués des prisons sous forte escorte, a dit la police. Dans le quartier voisin de Romema, les maisons ont aussi été évacuées.

Des flammes de plusieurs mètres léchant la végétation alentour menaçaient des immeubles de plusieurs étages dans les quartiers périphériques de la ville mixte juive et arabe, a constaté un photographe de l’AFP. De petits avions tâchaient tant bien que mal de combattre les flammes depuis les airs.

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« Le feu est hors de contrôle et se propage de maison en maison », a rapporté sur la radio publique le chef des services de secours du quartier du Carmel.

D’autres sinistres étaient en cours au milieu de la journée dans la périphérie de Jérusalem, à Nataf et Sha’ar Hagai, mais aussi à Talmon, a rapporté la police.

La télévision israélienne diffusait des images de secouristes déplaçant frénétiquement des personnes âgées d’une maison de retraite, alors qu’une fumée noire plane.

« Nous allons de porte en porte et évacuons les personnes âgées de chez eux. Les écoles maternelles ont été évacuées. Le feu progresse de 20 à 30 mètres en quelques minutes. Il y a quelques blessés légers. Nous sommes parfois obligés de sortir les habitants de chez eux par la force », a-t-il dit.

La route 22 de Haïfa a été fermée en raison d’un autre incendie proche du pont Paz de la ville.

Les habitants de l’implantation de Talmon, en Cisjordanie, ont été évacués, ainsi que 300 élèves des écoles locales alors que les flammes léchaient les bâtiments, a annoncé la police.

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Plusieurs voitures et structures de l’implantation de la région de Ramallah ont déjà souffert de nombreux dégâts, selon la police. Mercredi, un feu avait éclaté entre Talmon et l’implantation voisine de Dolev. Les pompiers ont annoncé tôt jeudi matin que l’incendie était sous contrôle.

Un nouvel incendie avait également éclaté près d’une immense centrale électrique à charbon de la Corporation électrique israélienne, à Hadera, sur la côte méditerranéenne. Les pompiers ont annoncé que le foyer était sous contrôle.

Des incendies ont éclaté jeudi matin près du carrefour Shilat, à l’entrée nord de Modiin, et la police a brièvement fermé la route 443, l’une des deux voix principales qui relient Jérusalem à Tel Aviv, créant des embouteillages importants. Les pompiers ont réussi à maîtriser les flammes au milieu de la matinée.

Les pompiers ont aussi lutté contre les flammes qui s’étaient propagées depuis Neve Ilan en direction de la route 1, l’autre voie d’accès importante à la capitale, au niveau du carrefour Shaar Hagai.

Huit appareils et deux avions étaient utilisés pour ralentir l’avancé des flammes vers Modiin. Il a été demandé aux habitants de plusieurs rues de la ville de ne pas sortir de chez eux.

L'incendie près du carrefour Shilat, sur la route 443, près de Modiin, le 24 novembre 2016. (Crédit : Raoul Wootliff/ Times of Israel)

Les pompiers ont lutté pour suivre le rythme d’un enchaînement de feux de broussailles qui ont surgi dans tout le pays, et dont plusieurs menaçaient des habitations. Les vents et la sécheresse devraient rendre la journée de jeudi tout aussi dangereuse que les précédentes.

Les craintes de nouveaux incendies ont poussé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à demander mercredi l’aide de pays étrangers, dont la Grèce, la Croatie et Chypre, qui vont envoyer des avions de lutte contre le feu.

Jeudi matin, des avions de lutte contre le feu sont arrivés en Israël de Grèce et de Chypre, pour participer aux efforts, et d’autres avions sont attendus en provenance de Turquie, de Croatie, d’Italie et de Russie, après la demande d’aide internationale d’Israël.

Quatre avions, deux Bombardiers et un Hercules de Grèce et un Air Tractor chypriote, ainsi que 49 membres d’équipage, sont arrivés. Les avions peuvent transporter des quantités de retardateur de flammes plus importantes que les avions israéliens.

Des avions grecs de lutte contre le feu sont arrivés en Israël le 24 novembre 2016. (Crédit : ministère de la Sécurité intérieure)

Au total, 220 incendies ont été recensés dans le pays ces deux derniers jours, en commençant par un feu proche de Neve Shalom, près de Jérusalem, qui a entraîné l’évacuation de la commune avant l’aube mardi.

Mercredi soir, les pompiers ont finalement réussi à maîtriser les flammes des communes de Zichron Yaakov et de Gilon, dans le nord du pays, ce qui a permis à certains habitants évacués de rentrer chez eux.

incendie

La police a également prévu de renforcer sa présence dans la zone, alors que les suspicions d’incendie criminel se font de plus en plus fortes. La négligence serait responsable d’autres incendies.

Il a été ordonné aux pompiers de Zichron Yaakov, qui ont lutté contre les flammes pendant 29 heures, de se retirer, à l’exception de huit équipes qui restent dans la région au cas où de nouveaux foyers s’embraseraient.

Une vingtaine de maisons ont été endommagées par le feu, et plusieurs personnes ont dû être soignées car elles avaient inhalé de la fumée.

Les habitants dont les maisons sont endommagées n’ont pas le droit d’y retourner.

Les flammes de l'incendie près du carrefour Shilat, sur la route 443, près de Modiin, le 24 novembre 2016. (Crédit : Raoul Wootliff/ Times of Israel)

A Gilon, près de Carmiel, en Galilée, certains habitants ont été autorisés à rentrer chez eux, plusieurs heures après l’évacuation de 80 logements à l’approche du feu.

Il n’y a aucun blessé, mais trois maisons ont été endommagées par les flammes, a annoncé la police de Galilée. L’électricité, qui avait été coupée dans le village, a été rétablie mercredi soir.

Parallèlement, les pompiers continuaient de combattre les incendies ailleurs dans le pays. Mercredi soir, un feu a éclaté entre les implantations de Talmon et Dolev, en Cisjordanie, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Modiin. Quand les flammes se sont rapprochées de Talmon, les pompiers ont demandé aux habitants les plus exposés d’évacuer leurs maisons. Jeudi matin, l’incendie était sous contrôle.

Les dégâts causés par un incendie à Zichron Yaakov, dans le nord d'Israël, le 23 novembre 2016. (Crédit : Doron Horowitz/Flash90)

Un porte-parole du service de premiers secours Magen David Adom a annoncé que les secouristes avaient soigné mercredi 21 personnes dans tout le pays pour des inhalations de fumée.

Netanyahu a visité mercredi une zone proche de Zichron Yaakov, touchée par le feu, pour apporter son soutien aux pompiers. Il a déclaré qu’il semblait que certains incendies soient d’origine criminelle.

« Il y a des preuves d’incendie volontaire », a déclaré Netanyahu au centre de commandement des pompiers, où il a été informé sur les opérations de lutte contre le feu par Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, et Roni Alsheich, chef de la police israélienne.

« Notre premier objectif est de sauver des vies, et je demande aux habitants de faire exactement ce que les autorités leur demandent. Notre deuxième objectif est d’éteindre le feu », a déclaré Netanyahu aux journalistes. Il n’a pas donné plus de précisions sur les incendies criminels présumés.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avec les pompiers israéliens pendant sa visite au centre de commandement des incendies de Zichron Yaakov, le 23 novembre 2016. (Crédit : Haim Zach/GPO)

En raison de ces soupçons, Erdan et Alsheich ont annoncé une hausse importante des patrouilles de police dans certaines zones, notamment sur les sites ouverts proches d’habitations. Le but est à la fois d’empêcher un incendie criminel, et de repérer les feux le plus tôt possible, pour qu’ils puissent être traités rapidement.

La cour des magistrats de Jérusalem a rejeté un cas présenté par la police contre quatre ouvriers suspectés de négligence et d’avoir allumé mercredi un feu pour chauffer du café, et d’avoir déclenché un incendie à Nataf, près de Jérusalem. Les quatre hommes ont été libérés.

Mercredi, le ministre de l’Education Naftali Bennett a semblé indiquer des motifs nationalistes pour justifier ces feux.

Interrogé sur l’origine criminelle ou accidentelle des incendies, la police a répondu qu’elle enquêtait, notamment sur la possibilité qu’il s’agisse d’incendie criminel à motif nationaliste.

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Les avions étrangers à l’aide d’Israël confronté à des feux exceptionnels

« Nous sommes profondément reconnaissants envers la communauté internationale. Sa mobilisation prouve qu’en cas de crise, nous pouvons compter sur de nombreux amis », a déclaré Israël

Des avions de lutte contre le feu israéliens essaient d'éteindre un incendie qui fait rage dans la ville de Haïfa, au nord du pays, où un grand incendie a fait rage dans la ville le 24 novembre 2016. (Crédit : Yaakov Cohen/Flash90)

Des avions de lutte contre le feu israéliens essaient d’éteindre un incendie qui fait rage dans la ville de Haïfa, au nord du pays, où un grand incendie a fait rage dans la ville le 24 novembre 2016.

Les avions étrangers ont commencé vendredi à aider Israël à combattre une série exceptionnelle d’incendies qui ont poussé à l’évacuation de dizaines de milliers de personnes et nourri de nouveau la suspicion entre une partie de l’opinion israélienne et la communauté arabe.

Des Canadairs turcs, grecs, croates et deux Beriev be-200 géants russes sont arrivés pour participer avec les petits appareils israéliens au combat qui se poursuivait contre les flammes, ont indiqué les Affaires étrangères israéliennes. D’autres avions, de France, du Canada, d’Espagne et même d’Azerbaïdjan, étaient attendus.

Une vingtaine d’avions propageaient dans l’après-midi liquide et retardant contre un vaste incendie menaçant, dans les collines proches de Jérusalem, les petites localités de Maale HaHamisha et Nataf (centre), dont les habitants ont été évacués, ont indiqué les pompiers.

Non loin de là, des centaines d’habitants de Beit Meir, village coopératif religieux, avaient dû fuir les flammes dans la nuit. D’autres incendies ont été rapportés.

Les Palestiniens sont aussi venus dans la nuit à la rescousse, envoyant 41 pompiers et huit camions à Haïfa (nord) et à Beit Meir (centre) où, vision hors du commun, les hommes du feu israéliens et palestiniens ont combattu les flammes côte à côte.

Les incendies se sont poursuivis dans la nuit, forçant les secours à évacuer les centaines d’habitants de Beit Meir, village coopératif religieux dans les collines proches de Jérusalem.

Des pompiers israéliens à Beit Meir, le 25 novembre 2016 (Crédit : AFP/AHMAD GHARABLI)

Une partie de la population de Haïfa a passé la nuit loin de chez elle après l’évacuation jeudi de dizaines de milliers d’habitants fuyant les flammes de plusieurs mètres de haut qui attaquaient les immeubles et menaçaient les crèches, les écoles et des quartiers entiers.

Mobilisation internationale.

Vendredi matin, la situation était « sous contrôle » à Haïfa, a dit à l’AFP un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld qui a cependant incité à la prudence : « Les choses peuvent (…) évoluer au moment même où nous parlons ».

Des centaines de policiers, de pompiers et de secouristes restaient déployés dans les rues des quartiers les plus durement touchés pour surveiller et répondre à d’éventuels nouveaux départs de feu, a constaté un journaliste de l’AFP.

Une partie des avions étrangers ont commencé à opérer vendredi matin, a indiqué à l’AFP le porte-parole des Affaires étrangères Emmanuel Nahshon.

« Nous sommes profondément reconnaissants envers la communauté internationale. Sa mobilisation prouve qu’en cas de crise, nous pouvons compter sur de nombreux amis », a-t-il dit à l’AFP.

Avec la multiplication des incendies depuis mardi, les moyens de lutte d’Israël ont touché à leurs limites, suscitant des interrogations sur les leçons tirées du plus grave sinistre de l’histoire d’Israël qui avait fait 44 morts à Haïfa en 2010.

La vague d’incendies, jusqu’à des dizaines par jour à travers le territoire, a aussi ravivé la suspicion entre une partie de la population d’une part et la communauté arabe et les Palestiniens d’autre part.

Les Arabes israéliens, qui représentent 17,5 % de la population d’Israël, se considèrent communément comme Palestiniens et sympathisent avec la cause de ces derniers dans le conflit israélo-palestinien.

Des avions étrangers à l'aide d'Israël confronté à des feux exceptionnels

‘Huile sur le feu’

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan a indiqué qu’une partie des feux étaient des actes criminels motivés par le conflit.

Un poids lourd du gouvernement, Naftali Bennett, a assuré que les feux ne pouvaient avoir été allumés par des juifs. Plusieurs officiels ont parlé de terrorisme, sans désigner explicitement les Arabes ou les Palestiniens.

Les médias israéliens ont commencé à s’interroger sur le déclenchement d’une « intifada du feu », par référence aux soulèvements populaires palestiniens passés.

Equivoque, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a prévenu que tout incendie volontaire serait traité comme un « acte de terrorisme », sans dire explicitement si c’était le cas de certains feux récents.

« Quand le Premier ministre parle de terrorisme, même s’il n’emploie pas le mot d’Arabes, tout le monde est censé comprendre : (…) ‘les Arabes mettent le feu au pays’ », éditorialisait le quotidien Yedioth Ahronoth, (très) peu favorable au chef du gouvernement.

Les leaders de la communauté arabe se sont indignés, faisant valoir que les Arabes israéliens étaient également touchés par les incendies.

« Je recommande vivement de ne pas jeter de l’huile sur le feu », a dit pour sa part à la radio publique le chef de file de l’opposition israélienne, Isaac Herzog.

« La situation est moins claire que ne le suggèrent les propos tonitruants » de certains, a-t-il dit.

 

 Les flammes d'un feu de forêt quia  dévasté Haïfa le 25 novembre 2016., nécessitant l'évacuation de dizaines de milliers d’habitants. (Crédits : Gili Yaari /Flash90)

Le chef de la police de Jérusalem, Yoram Halevy, a déclaré qu’un pyromane présumé avait été arrêté vendredi matin.

« Nous pensons qu’il y a des pyromanes qui sont responsables, mais aussi des conditions météorologiques qui permettent à cela de se déclencher [sans assistance humaine] », a-t-il déclaré à la radio militaire.

« Nous avons identifié deux suspects [près de Beit Meir], au moins l’un d’eux a été arrêté. Il va être interrogé, mais il est trop tôt pour dire qu’il a déclenché le feu. »

« Il y a une forte possibilité qu’il ait un lien avec l’incendie », a dit Rosenfeld alors que les autorités soupçonnent qu’une bonne partie des incendies récents ont une origine criminelle, voire des motivations nationalistes pour certains.

L’homme est le neuvième suspect arrêté pour être soupçonné d’avoir déclenché au moins quelques-uns des centaines d’incendies qui ont menacé les villes et les forêts israéliennes cette semaine. Le site d’informations Ynet a annoncé qu’il était Palestinien.

Parmi les personnes arrêtées se trouvent six habitants du nord du pays, que le Shin Bet et la police croient responsables d’avoir initié les incendies destructeurs qui ont dévasté Haïfa jeudi, et ont entraîné l’évacuation de 75 000 personnes et la destruction de centaines de logements.

Des pompiers à Haifa, le 24 novembre 2016 (Crédit : AFP/Jack Guez)

L’un des suspects serait un Palestinien qui est illégalement en Israël, a annoncé la Deuxième chaîne.

Citant les centaines d’incendies différents depuis jeudi, les dirigeants politiques, du Premier ministre Benjamin Netanyahu au ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, en passant par le ministre de l’Education Naftali Bennett, ont accusé des pyromanes arabes d’être responsables de ce fléau.

Tous trois ont déclaré jeudi que les incendies criminels présumés étaient des actes de « terrorisme ».

Dans un cas, une voiture avec de fausses plaques d’immatriculation a été retrouvée près d’un incendie proche d’Oranit, en Cisjordanie. Des chiffons imbibés d’essence ont été retrouvés dans la voiture.

D’autre part, beaucoup d’utilisateurs arabophones de réseaux sociaux en Israël et à l’étranger se réjouissaient des incendies. Le hashtag « Israël brûle » en arabe a été le troisième plus fréquent sur Twitter dans plusieurs pays arabes voisins.

Les responsables israéliens de la sécurité ont cependant mis en garde contre les conclusions trop rapides sur la cause de la vague d’incendies, affirmant que les preuves d’une large campagne d’incendies volontaires restaient ambiguës.

Les enquêteurs ont déclaré qu’une grande partie des incendies, la moitié selon certains, auraient clairement été causés par des accidents et/ou la sécheresse exceptionnelle et les vents des derniers jours. D’autres incendies auraient une origine humaine, et d’autres font toujours l’objet d’une enquête.

Roni Alsheich, le chef de la police israélienne, a mis en place jeudi une unité d’enquête spéciale pour déterminer les causes des incendies et localiser les pyromanes. Le même jour, il avait reconnu que les incendies avaient « dans certains cas […] probablement des motifs nationalistes. »

Israël devrait également recevoir vendredi une aide internationale supplémentaire, après la réponse de plusieurs pays à la demande d’Israël. Trois avions grecs de lutte contre le feu et un chypriote sont déjà en action, et dans la nuit, un avion turc, deux avions croates, deux avions italiens et deux avions russes sont arrivés pour rejoindre vendredi la lutte contre les flammes, a annoncé le bureau du Premier ministre.

Des avions grecs de lutte contre le feu sont arrivés en Israël le 24 novembre 2016. (Crédit : ministère de la Sécurité intérieure)

Un supertanker américain, un Boeing 747 reconverti qui peut opérer la nuit, devrait arriver vendredi vers minuit, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

A Beit Meir, au moins dix bâtiments avaient été consumés vendredi à 6h00 du matin, et de petits incendies brûlaient toujours dans les espaces publics du village.

Environ 25 camions et 60 pompiers ont passé plusieurs heures dans la nuit à essayer d’empêcher la propagation des flammes, qui ont commencé à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de la capitale.

Des pompiers israéliens luttent contre les flammes à Beit Meir, près de Jérusalem, le 25 novembre 2016. (Crédit : AFP/Ahmad Gharabli)

La police a fermé la route principale d’entrée dans le village, et les habitants ont été déplacés dans les villages voisins de Shoresh et Tzora.

La police a rapporté vendredi matin un autre départ de feu à Kiryat Gat, au sud de Tel Aviv, coupant la circulation.

Vendredi également, le village de Kaabiya, en Galilée, a vu les flammes qui consument la forêt voisine atteindre les frontières de la commune. La police a évacué cinq familles, mais a précisé que cette mesure était une précaution, puisque les pompiers pensent pouvoir contenir l’incendie.

A Haïfa, plus de 100 équipes ont été déployées dans la nuit pour repousser le feu et qu’il ne se propage pas depuis les 11 quartiers déjà touchés.

« Il y a eu des vents importants pendant toute la nuit, et cela n’aide pas », a déclaré vendredi matin un porte-parole des pompiers.

Les habitants pourraient être autorisés à revenir dans certaines des zones brûlées ces prochains jours, a suggéré le responsable.

De grandes zones de Haïfa étaient toujours privées d’électricité vendredi matin. Selon Oren Helman, vice directeur général de la Corporation électrique israélienne, l’électricité a été coupée dans les zones touchées par la flamme par mesure de précaution.

Les écoles et les jardins d’enfants n’ont pas ouvert vendredi dans les quartiers de Haïfa qui ont été évacués. Les autorités ont ordonné aux habitants de ne pas rentrer chez eux avant d’en recevoir l’autorisation.

 

« Nous avons vu des appartements complètement brûlés, c’est une vision terrible », a déclaré un pompier de Haïfa à la radio militaire vendredi matin. « Les flammes étaient immenses, elles passaient au-dessus de nos têtes. »

Vendredi matin, la situation était « sous contrôle », a déclaré prudemment Rosenfeld, « mais les choses peuvent changer et évoluer au moment même où nous parlons ».

Il y a eu beaucoup d’incendies dans d’autres régions du pays jeudi et pendant la nuit. Pendant la soirée, un feu a éclaté près de Shuafat, à Jérusalem Est, et deux maisons ont été évacuées. Un pompier a été légèrement blessé près de Shaar Hagai, qui est situé à proximité de la route 1 qui relie Jérusalem à Tel Aviv.

Une quarantaine d’incendies indépendants a également éclaté près de Nazareth. Pendant la nuit, les pompiers se battaient pour contenir un feu qui s’approchait du quartier Givat Barak de Nazareth Illit, ainsi qu’un feu de forêt à Kaabiya, qui aurait menacé la première ligne de maisons, et un feu de broussailles près du quartier Shikun Hapoalim de la ville.

Jeudi soir également, au moins 16 camions étaient déployés autour du village de Galilée de Har Halutz, au nord de Carmiel, où un nouvel incendie a démarré tard jeudi et menaçait d’entrer dans la commune. Au moins cinq maisons ont été endommagées avant que le feu ne soit éteint.

Un autre incendie a été rapporté vendredi matin, entre les villes arabes de Galilée de Kabul et Tamra. Il n’y aurait ni blessé ni dégât.

Un incendie faisait toujours rage mais était contenu près de Dolev, en Cisjordanie.

Les incendies ont également rassemblé les communautés. Des dizaines d’organisations et de conseils municipaux, dont le Mouvement islamique en Israël, le mouvement des kibboutz, le mouvement de jeunesse Bnei Akiva et l’Union sioniste, ont mis en place des services pour permettre à la population d’accueillir les évacués chez eux.

Des stations de radio populaires, dont la station musicale de l’armée Galgalatz, ont transformé leurs pages Facebook tableau d’informations pour les offres et les demandes d’aide.

Dans un communiqué, le Mouvement islamique en Israël, une organisation qui cherche à promouvoir l’islam dans le pays, a déclaré qu’il mettait en place une salle de situation dans la ville de Kfar Qassem, et a annoncé sa « volonté à aider à prendre les familles évacuées en raison des incendies dans tout le pays. »

« Dans toutes les communautés arabes, l’accueil se fait pour tous les citoyens, arabes, chrétiens et juifs, sans distinction, a déclaré le mouvement. Des dizaines de familles de la population arabe sont prêtes à accueillir les familles touchées par les incendies à Haïfa et dans les pays, juifs et arabes de la même manière. »

En Galilée, des villages druzes ont déjà accueillis des habitants juifs et musulmans évacués de Haïfa.

Les équipes israéliennes ont été rejointes jeudi soir par huit camions et 40 pompiers palestiniens, qui participent à la bataille pour contenir les incendies massifs de Haïfa et de Shaar Hagai.

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