Le président-élu annonce les noms de ses ministres au compte-gouttes.

Un "Goldman boy", un complotiste... L'équipe de Trump fait déjà froid dans le dosDonald Trump n’a pas encore constitué son cabinet, mais il vient déjà d’annoncer les 6 premières mesures qu’il prendra à son arrivée à la Maison Blanche.

Poste par poste, le président-élu Donald Trump construit son futur cabinet. Les noms sont égrénés au compte-gouttes. Mais déjà, on peut craindre le pire… On trouve ainsi plusieurs personnalités accusées de racisme, un complotiste, un « Goldman boy », un « moine-guerrier » qui trouve « sympa de tirer sur des gens »… Tour d’horizon.

La garde rapprochée.

  • Secrétaire général de la Maison-Blanche : Reince Priebus, pour garder le parti

Le président du Parti républicain Reince Priebus a été le premier nom annoncé par Donald Trump. Il deviendra en janvier secrétaire général de la Maison-Blanche, où il orchestrera toute l’administration du nouveau dirigeant populiste.

Reince Priebus a promis de « travailler à créer une économie qui marche pour tout le monde, à sécuriser nos frontières, à abroger et remplacer l’Obamacare et à détruire le terrorisme radical islamique ».

Il aura notamment pour mission de faire le lien entre la Maison-Blanche et le parti républicain, sorti divisé de la campagne et dont plusieurs responsables s’étaient opposés à Donald Trump.

  • Haut conseiller : le raciste et complotiste Stephen Bannon

Le directeur de campagne de Donald Trump et chef du site d’informations ultra-conservateur (et souvent complotiste) Breitbart News, Stephen Bannon, 62 ans, a lui été nommé pour sa part haut conseiller et chef de la stratégie du futur président.

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« Je suis ravi de garder ma très performante équipe avec moi pour diriger notre pays », a commenté le président-élu dans un communiqué de son équipe de transition, où les deux hommes semblent être présentés sur un pied d’égalité.

« Steve et Reince sont des dirigeants très qualifiés qui ont bien travaillé ensemble pendant la campagne et nous ont menés à une victoire historique. Maintenant, je les aurai tous les deux avec moi à la Maison-Blanche où nous allons travailler à rendre l’Amérique meilleure », a ajouté Donald Trump.

Cette nomination fait polémique aux Etats-Unis, où l’idéologie du haut conseiller est vivement critiquée.
L’ex-candidat à la primaire démocrate, Bernie Sanders, s’est emporté :

« La nomination par le président-élu Trump d’une personne raciste comme monsieur Bannon à un poste de direction est totalement inacceptable. »

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« Ce pays, depuis sa naissance, a lutté pour éradiquer la discrimination sous toutes ses formes : racisme, sexisme, xénophobie et homophobie. Au fil des ans, nous avons effectué des progrès en devenant une société avec moins de discrimination et davantage de tolérance, nous n’allons pas revenir en arrière », a souligné le sénateur du Vermont.

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Parmi les principaux griefs des opposants à Stephen Bannon : son site Breitbart considéré comme la plaque tournante de la « droite alternative », associé aux idées nationalistes et partisan de la supériorité de la race blanche.

Le site a notamment servi de caisse de résonance à la nébuleuse d’extrême droite récemment apparue aux Etats-Unis et baptisée « alt-right ». Il avait lui-même défini le site comme « une plateforme pour l »alt-right’« , dans un entretien au site Mother Jones.

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Le président-élu a lui défendu son gourou, soulignant que s’il « était raciste » ou d’extrême droite, « je ne penserais même pas à l’embaucher ».

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Les premiers ministres.

  • Ministre de l’Economie : l’ancien « Goldman Boy » Steven Mnuchin

Inconnu du grand public, Steven Mnuchin, le nouveau secrétaire américain au Trésor, est un ancien dirigeant de Goldman Sachs.

Ancien donateur du parti démocrate, ce grand brun de 53 ans a surpris son entourage quand il est devenu directeur financier de la campagne de Donald Trump en avril dernier. D’autant plus que Trump l’avait menacé de poursuites judiciaires pour un différend lié au financement d’un de ses gratte-ciel à Chicago

Déjà à l’époque, la presse économique lui prête l’intention de s’installer au Trésor afin d’ajouter la touche finale à un parcours l’ayant conduit dans les principales sphères du pouvoir aux Etats-Unis : Wall Street, Hollywood et maintenant Washington.

Son CV est en effet atypique : études à l’université de Yale, Goldman Sachs, création d’un fonds d’investissement avec le soutien du financier démocrate George Soros, production de blockbusters hollywoodiens comme « Avatar » et « Suicide Squad »

Au sein de la banque d’affaires, il a notamment été témoin de l’émergence des produits financiers complexes controversés CDO et CDS qu’il qualifie à l’époque de « développements extrêmement positifs » et… qui joueront un rôle important dans la crise de 2008. Mieux : en pleine crise financière, il a convaincu les milliardaires George Soros et John Paulson de racheter aux enchères pour 1,55 milliard de dollars la banque californienne en faillite IndyMac, spécialisée dans les prêts hypothécaires « subprime ».

Rebaptisé OneWest, l’établissement renoue très vite avec les bénéfices… au prix d’expulsions tous azimuts. Ses associés et lui revendront OneWest en 2014 pour 3,4 milliards de dollars, soit plus du double de leur mise initiale !

Steven Mnuchin est le troisième dirigeant de Goldman Sachs placé aux commandes du Trésor depuis les années 1990.

  • Ministre de la Justice : Jeff Sessions, accusé de racisme

Sénateur aux positions très dures en matière d’immigration illégale, Jeff Sessions a été choisi pour être ministre de la Justice de Donald Trump, qui le décrit en ces termes :

« Jeff a été un membre hautement respecté du ministère et du bureau du procureur de l’Etat d’Alabama. Jeff est très admiré par des experts du droit et par, en gros, tous ceux qui le connaissent. »

A 69 ans, le natif de Selma représente son Etat d’Alabama au Sénat depuis 1997. Il s’y est notamment illustré en s’opposant à des projets, républicains comme démocrates, de régularisation de sans-papiers.

Des propos ouvertement racistes tenus dans les années 1980 poursuivent par ailleurs toujours l’homme au fort accent du Sud. En 1986, alors procureur fédéral en Alabama, il avait ainsi reproché à un avocat blanc de faire « honte à sa race » en défendant des clients noirs.

Il se serait aussi adressé à un procureur noir en l’appelant « boy », un terme à très forte connotation raciste aux Etats-Unis, et aurait dit qu’il considérait les membres du Ku Klux Klan comme « OK, jusqu’à ce que je découvre qu’ils fumaient de l’herbe », a rapporté le « New York Times ». Selon le représentant démocrate de l’Illinois, Luis Vicente Gutierrez :

« Aucun sénateur n’a combattu plus durement les espoirs et les aspirations des Hispaniques, des immigrés, et des gens de couleur que le sénateur Sessions. »

Le démocrate prédit que le futur ministre « est le genre de personne qui va faire reculer le maintien de l’ordre, les droits civiques, les tribunaux […] et effacer 50 ans de progrès ». Symbole fort, ce « guerrier » conservateur remplacera la première juriste afro-américaine nommée au poste d’attorney general des Etats-Unis, Loretta Lynch.

  • Ministre de la Santé : l’anti-Obamacare Tom Price

Le président-élu a par ailleurs officialisé la désignation d’un élu républicain anti-avortement et opposant à la réforme de l’assurance-maladie Obamacare, Tom Price, comme… ministre de la Santé. Trump dit de lui :

« Il est exceptionnellement qualifié pour mener à bien notre engagement d’abroger et remplacer Obamacare. »

Elu de Géorgie au Congrès depuis 2004, Tom Price, 62 ans, a travaillé vingt ans comme chirurgien orthopédique dans le privé.

  • Ministre du Commerce : le milliardaire Wilbur Ross

Wilbur Ross, nommé ministre du Commerce, est un homme d’affaires qui a bâti sa fortune en redressant des entreprises en difficulté et qui est de fait très bien introduit à Wall Street.

Né dans le New Jersey en 1937, il a longtemps travaillé pour la banque Rothschild, se spécialisant dans les affaires de faillites. Il avait à ce titre aidé… Donald Trump, dont les casinos d’Atlantic City se portaient particulièrement mal à la fin des années 1980.

Au début des années 2000, Wilbur Ross a créé sa propre société d’investissements, WL Ross & Co, se lançant dans une entreprise de « sauvetage » de groupes sidérurgiques en difficulté, puis à l’industrie du charbon, des pièces détachées automobiles et du textile. Cela lui a permis de bâtir une fortune évaluée aujourd’hui par le magazine Forbes à 2,9 milliards de dollars.

Rattrapé par le gendarme de la Bouse américaine (SEC), Wilbur Ross a toutefois dû payer 2,3 millions de dollars en août dernier dans le cadre d’un accord à l’amiable portant sur la facturation de commissions aux investisseurs dans ses différents fonds.

Diplômé des prestigieuses universités de Yale et d’Harvard, il a longtemps été proche du parti démocrate mais a ensuite conseillé l’ex-maire républicain de New York Rudy Giuliani dans ses opérations de privatisation de certains secteurs d’activité de la ville. Il s’est rallié à Donald Trump au début de la campagne présidentielle.

Ses activités ne se limitent pas aux Etats-Unis. Il est devenu l’un des membres du Conseil d’administration de la Bank of Cyprus après que celle-ci a fait faillite en 2013 puis a été renflouée dans le cadre d’un plan de sauvetage européen du secteur bancaire chypriote se montant à 10 milliards de dollars.

  • Ministre de l’Education : Betsy DeVos, « hostile à l’école publique »

Cette républicaine de 58 ans, richissime philanthrope conservatrice, est une farouche partisane du droit à choisir entre école publique, privée ou enseignement à la maison.

« Sous sa direction, nous allons réformer le système scolaire américain et supprimer la bureaucratie qui handicape nos enfants, afin que nous puissions offrir une éducation et un choix d’écoles de niveau mondial à toutes les familles », a assuré le président-élu

Betsy DeVos s’est dite honorée d’avoir été choisie « pour redonner à l’éducation américaine sa grandeur », un jeu de mots sur le slogan de campagne du magnat de l’immobilier : « Make America Great Again. » « Le statu quo n’est pas acceptable dans l’éducation », a-t-elle ajouté.

Donald Trump « a choisi la candidate la plus idéologue et hostile à l’école publique depuis la création du ministère de l’Education », a pour sa part fulminé sur Twitter Randi Weingarten, la présidente du syndicat American Federation of Teachers.

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Betsy DeVos est mariée à Dick DeVos, l’un des héritiers de Richard DeVos, la 88e fortune américaine au classement Forbes de 2016 avec 5,4 milliards de dollars. Betsy DeVos est aussi la sœur d’Erik Prince, un ancien Navy Seal qui a bâti sa fortune en montant Blackwater, une énorme entreprise de mercenaires, qui a défrayé la chronique en Irak pendant la guerre et a valu à l’entreprise des poursuites aux Etats-Unis…

L’ambassadrice à l’ONU : Nikki Haley, la caution diversité.

Le président élu des Etats-Unis Donald Trump a insufflé une dose de diversité dans son équipe en cours de formation en nommant au poste d’ambassadrice à l’ONU Nikki Haley, une jeune gouverneure d’origine indienne. Celle-ci avait acquis depuis peu une audience nationale grâce à son attitude rassembleuse, après une tuerie raciste dans son Etat de Caroline du Sud en juin 2015.

Gouverneure républicaine de l’Etat depuis 2011, Nikki Haley avait pris à rebrousse-poil une partie de ses soutiens en exigeant, après le massacre de neuf Noirs dans une église, le retrait du drapeau confédéré flottant devant le parlement de l’Etat. Ce drapeau est en effet considéré comme un symbole de racisme par beaucoup d’Américains.

Cette attitude a renforcé l’image pragmatique et rassembleuse d’une élue par ailleurs clairement positionnée à droite sur le plan idéologique et notamment soutenue par Sarah Palin, l’égérie des ultra-conservateurs américains.

Née Nimrata Nikki Randhawa, cette brune de 44 ans est la fille d’un couple d’immigrés indiens de religion sikh. Elle entre sur la scène politique en 2004 par son élection à la Chambre des représentants de Caroline du Sud, avant d’être élue en 2010 gouverneure de l’Etat.

Elle y défend des idées très conservatrices, affichant son hostilité aux syndicats et aux impôts, ainsi qu’au mariage homosexuel, ou, plus récemment, en se montrant réticente à l’accueil de réfugiés syriens dans son Etat.

En 2016, elle choisit le sénateur de Floride Marco Rubio, qu’elle soutiendra contre Donald Trump. La benjamine des gouverneurs deviendra même la porte-voix des inquiétudes des élus de son camp sur le discours populiste de Donald Trump… Ça, c’était avant.

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Les pressentis.

D’autres personnalités devraient rapidement venir compléter cet embryon de cabinet. Ainsi, Donald Trump pourrait nommer ministre de l’Energie le PDG de la compagnie pétrolière Continental, Harold Hamm, à la tête d’actifs évalués à 15 milliards de dollars. Le portefeuille du Logement pourrait être confié à l’ancien adversaire de Donald Trump à la primaire, l’Afro-Américain Ben Carson.

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Le général James Mattis est lui le favori pour le portefeuille de la Défense. Considéré comme un « chien fou », surnommé le « moine-guerrier », il avait créé la polémique en déclarant que « c’est très sympa de se battre. C’est très marrant. C’est sympa de tirer sur des gens. Je vais être honnête avec vous, j’aime me battre ».

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Pour les Affaires étrangères, enfin, plusieurs noms sont cités : celui de Mitt Romney, ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2012, face à Barack Obama, qui n’avait pourtant pas retenu ses coups contre Donald Trump, le qualifiant d' »arnaque », l’accusant de « corrompre l’Amérique à la face du monde », l’associant pour finir à « la victoire du Mal sur le Bien ». Celui de l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, qui n’a aucune expérience en politique étrangère, mais qui a toujours été fidèle à Donald Trump. Mais également ceux de l’ancien patron de la CIA David Petraeus, tombé en disgrâce en raison d’une aventure extraconjugale durant laquelle il avait transmis des informations confidentielles à sa maîtresse, ou le plus respectable sénateur Bob Corker, qui préside l’influente commission des Affaires étrangères du Sénat.

Afficher l'image d'origineRudy Giuliani

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