Telle la créature de Frankenstein, Donald Trump commence à échapper à ceux qui ont contribué à le façonner.

Donald Trump : même les Russes commencent à douter

En moins d’un mois, Donald Trump aura donc mis en cause des juges de la Cour suprême, insulté, entre autres, un héros de la lutte pour les droits civiques et un vétéran très respecté de son propre camp… Il s’en est pris à l’Otan, à l’Europe et à l’Allemagne. Il n’a pas hésité à tacler des alliés historiques des Etats-Unis, comme ce Premier ministre australien à qui il a raccroché au nez après une demi-heure d’un entretien prévu pour durer une heure…

Donald Trump pose dans son bureau de la Trump Tower, en mai 1996.

A grands renforts de rodomontades et de tweets rageurs, il est aussi parti bille en tête en guerre contre le Mexique, son premier partenaire commercial, contre la Chine, et l’Iran. Son premier coup de fil à Nawaz Sharif, Premier ministre du Pakistan, qualifié de « mec génial », à la tête d’ »un pays extra, avec des gens supers », a laissé son interlocuteur, interloqué, sous le choc. C’était juste avant de fermer brutalement, sans aucune forme de procès, les portes du pays à tous les ressortissants de sept pays musulmans qu’il soupçonne d’être des foyers terroristes… On en oublie, tant les frasques sont nombreuses.

Donald Trump dans

Bromance à sens unique.

En moins de trois semaines, le président de la première puissance mondiale aura donc réussi à incarner comme personne, le chaos diplomatique. Nul ne semble pouvoir échapper à ses fulgurances compulsives. A une exception près : Vladimir Poutine, président russe, avec qui il a eu la semaine dernière une longue conversation, qu’il a estimée « chaleureuse et constructive ».

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Louanges, admiration à peine voilée… Rien n’est trop beau pour caresser l’ours russe dans le sens du poil, quitte à hérisser son propre camp : « Pensez-vous que notre pays soit si innocent ? », a ainsi répondu le président américain à un journaliste de Fox News qui l’interrogeait au sujet des des crimes supposés du président russe. Inouï.

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Cette improbable « bromance », comme disent les Américains, (« brother’s romance », amitié amoureuse) entre le nouvel homme fort de Washington et le président russe peut-elle durer ? Pas si sûr. Tandis que la rumeur de troubles mentaux dont souffrirait le président américain enfle de jour en jour à Washington, au Kremlin, on s’inquiète aussi de l’amateurisme et de l’imprévisibilité de Donald Trump

Donald Trump avant un match entre les New England Patriots and Tennessee Titans à Foxboro, le 10 janvier 2004.

Coup de fil surréaliste.

Selon des sources internes à la Maison-Blanche relayées dans la presse américaine, lors de cette première conversation avec le président Poutine, Trump a soudain mis la conversation en attente pour s’enquérir de ce qu’était New START, le traité de non-prolifération nucléaire signé par Barack Obama et Dmitri Medvedev… Ce qui ne l’a pas empêché, en reprenant le combiné, de déclarer qu’il s’agissait encore d’un mauvais accord négocié par l’Administration Obama, et que c’était « un mauvais coup pour les Etats-Unis », avant de revenir à son sujet favori : lui-même, et sa cote de popularité…

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A ce rythme-là, la lune de miel menace de tourner court. Elle s’est nouée, il faut le dire, sur une bonne dose de malentendu. « Contrairement à une idée reçue en France, l’objectif de Moscou, c’était moins la victoire de Trump, que la défaite de Clinton, considérée comme un ennemi de la Russie », explique un diplomate. L’ennemi de mon ennemi est mon ami : C’est au nom de cette logique basique que Trump est devenu le héros des Russes qui ont suivi avec gourmandise la campagne américaine, largement relayée par la télévision nationale…

Avant le premier débat face Hillary Clinton, le 26 septembre 2016.

Imprévisible.

Mais le connaissaient-ils pour autant vraiment ? Certes, ses coups de gueule, sa réussite, son goût des dorures et de l’ostentatoire, son rejet de l’establishment, n’ont jamais été pour leur déplaire. Et puis c’était le seul candidat à appeler à de meilleures relations avec la Russie. Va donc pour Trump. Son élection, à laquelle ils ne s’attendaient pas plus que le reste du monde, a été célébrée avec force toasts aux quatre coins du pays.

La convention républicaine à Cleveland, Ohio, le 21 juillet 2016.

Aujourd’hui, ils sont nombreux, jusqu’au sommet du Kremlin, à se réveiller avec la gueule de bois. « S’il y a bien une chose que Poutine déteste, c’est l’imprévisibilité », ajoute ce diplomate, fin connaisseur du pays. « Or là, ils découvrent qu’en fait, ils ne maîtrisent rien, ce qui les inquiète plus que tout ». Les déclarations de l’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, qui a dénoncé l’agression russe en Ukraine, ne les ont guère rassurés sur la cohérence de la nouvelle ligne diplomatique. En Israël, Netanyahou, qui pensait lui aussi avoir trouvé un allié de poids avec Donald Trump, pourrait lui aussi déchanter.

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Telle la créature de Frankenstein échappant au médecin qui lui a donné vie, Donald Trump fait aujourd’hui peur jusqu’à ses soutiens de la première heure, qui se demandent s’ils n’ont contribué à donner naissance à un monstre.

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Un indice parmi d’autres : vendredi, le site d’information RT France, financé par Moscou pour promouvoir la ligne officielle du Kremlin, s’est ouvertement moqué de la rencontre entre Donald Trump et le Premier ministre japonais, durant laquelle le président Américain a fait mine de comprendre le japonais, à grand renfort de vidéos et de commentaires ironiques. Un signe qui ne trompe pas.

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« Don » Trump et « Vlad » Poutine : une relation complexe, voire perverse.

Les liaisons dangereuses entre les deux chefs d’Etat va-t-elle déterminer la politique étrangère des Etats-Unis ? Et quelles conséquences aurait pour l’Europe une alliance entre les deux superpuissances ?

Le support est prestigieux (le « New York Times »), l’auteur du billet n’a rien d’un comique troupier : Max Boot, un intellectuel néoconservateur droit dans ses bottes. C’est le titre de l’article qui fait tiquer : « Donald Trump : un Manchurian Candidate moderne ? » On se frotte les yeux, on relit deux fois le titre : à la veille de l’entrée en fonction de Donald Trump, un intellectuel influent se demande dans un journal sérieux si le président-élu des Etats-Unis n’est pas un agent de Moscou, en faisant allusion au roman des années de guerre froide « The Manchurian Candidate », dans lequel le candidat à la Maison-Blanche est un agent soviétique…

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Taupe ? Otage ? Marionnette ? Le fait même que l’on se pose ce genre de questions au sujet de Donald Trump montre à quel point les Américains – et le monde – vivent un moment d’une bizarrerie sans précédent. De toutes les extravagances de Trump, depuis son usage de Twitter jusqu’à son refus de vendre ses affaires en passant par le choix de ses conseillers, la plus étrange est son incroyable pas de tango avec Vladimir Poutine. Et le rapport d’enquête privée relayant des rumeurs selon lesquelles il se serait livré en 2013 à une orgie avec des prostituées dans un grand hôtel moscovite, filmée par le FSB (successeur du KBG), n’est que la cerise sur le gâteau russe. Crédible ? Farfelu ? Le magazine « Penthouse » a offert un million de dollars à qui lui procurerait la sextape.

Ce que contient le rapport de 35 pages qui accable Donald Trump

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A ce jour, ni les services ni les journaux américains n’ont pu corroborer ces affirmations salaces, et l’histoire peut laisser sceptique concernant un Trump qui était à l’époque fermement décidé à se lancer dans la course à la présidence et ne pouvait ignorer la passion du Kremlin pour les kompromat, les documents compromettants.

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David Ignatius, un journaliste écrivain respecté et bien informé, va jusqu’à se demander si ce ne sont pas les Russes qui ont délibérément nourri ce rapport « pour semer le chaos ». Peu importe. Le dossier a été officiellement transmis au président-élu, et l’Amérique des humoristes se régale avec ces histoires d’ondinisme de suite présidentielle.

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« Nous voyons beaucoup d’argent provenir de Russie »

On peut se la jouer John le Carré et soupçonner Donald Trump d’être l’otage de Vladimir Poutine. La thèse n’est pas absurde, même si l’on ne croit pas aux galipettes arrosées du Ritz-Carlton : Trump nie toute relation d’affaires avec des Russes, mais, comme l’a confié son fils Eric, ces derniers « représentent une part disproportionnée dans un grand nombre de nos actifs […]. Nous voyons beaucoup d’argent provenir de Russie ».

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Selon cette théorie, « Vladimir » serait capable de faire chanter « Donald », ce qui expliquerait le refus de ce dernier de publier sa feuille d’impôt, où ses accointances russes risqueraient d’apparaître. Garry Kasparov, le champion d’échecs opposé à Poutine, affirme :

« En 2008, il a été sauvé de la banqueroute par un afflux d’argent étranger, et nous avons de bonnes raisons de suggérer que la plus grande part de cet argent est venue de Russie et d’oligarques russes. »

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Mais on peut aussi laisser de côté le roman d’espionnage, par nature invérifiable, et rester quand même fasciné par le couple « Don »-« Vlad ». Selon Anna Applebaum, du « Washington Post » :

« Trump n’a pas besoin d’être un ‘Manchurian Candidate’ hypnotisé ou recruté par un service de renseignement étranger. Le fait qu’il ait des liens directs ou indirects avec un dictateur étranger profondément corrompu et violent suffit. »

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La fascination du « Donald »

Cette relation, qui risque de définir en bonne partie la politique étrangère de la première puissance mondiale, serait née d’une fascination et d’un calcul tactique. Fasciné ? L’attirance du « Donald » pour l’autocrate russe est moins surprenante qu’il n’y paraît. Ruth Ben-Ghiat, professeur à la New York University et historienne du fascisme italien, souligne :

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« C’est un aspect typique de sa personnalité. Cela n’a rien de très original, les hommes forts aiment bien être entre eux : Berlusconi était très ami avec Poutine et Kadhafi. L’admiration mutuelle entre personnages de ce genre est courante, on l’a encore vu avec la façon dont Erdogan a félicité Trump parce qu’il avait remis un journaliste de CNN à sa place. Trump a sans cesse besoin de flatterie, c’est quelque chose qui le fait réagir. Evidemment, avec Poutine, cela se fait avec quelqu’un qui pourrait difficilement être plus antidémocratique, antilibéral et brutal. »

Trump : les 7 signes distinctifs d’un autocrate

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Cette attirance est renforcée par les multiples liens des proches de Trump avec les Russes. Paul Manafort, ex-stratège de sa campagne, a travaillé pour l’ex-président ukrainien russophile Viktor Ianoukovitch.

Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale, a partagé la table de Poutine lors d’un dîner de gala en février 2015 en l’honneur de la chaîne prorégime RT, et il est fréquemment en contact avec l’ambassadeur de Russie à Washington.

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L’ex-PDG d’ExxonMobil Rex Tillerson, choisi pour diriger la diplomatie américaine, a été décoré de l’ordre de l’Amitié par le gouvernement russe et s’est opposé aux sanctions économiques contre la Russie. Il est très proche d’Igor Setchine, PDG du géant pétrolier Rosneft et allié fidèle de Poutine.

Quant à Steve Bannon, le conseiller à la stratégie de Trump, il ne cache pas sa fascination pour le « très, très, très intelligent » Poutine, et estime que « les pays forts et les mouvements nationalistes forts font de bons voisins »…

Michael Flynn, Paul Manafort, Rex Tillerson et Steve Bannon.

Mano a mano.

L’entourage de Trump et le président lui-même défendent l’idée d’un calcul tactique, d’un mano a mano dépassionné comme l’auteur de « l’Art du deal » saurait les conduire. Le genre « je te laisse la Crimée, mais tu ne touches pas aux pays Baltes et l’on règle ensemble le problème de l’Etat islamique ».

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« Poutine n’est pas mon meilleur ami », dit Trump. Ce n’est pas faute d’avoir essayé

Selon cette version, Obama a eu tort de négliger la Russie et de la rabaisser au rang de puissance économique et régionale mineure, et il est temps de prendre au sérieux Poutine, qui a montré en Ukraine ou en Syrie qu’il était capable de jouer dans la cour des superpuissances.

Obama-Poutine, le retour de la guerre froide ? Une analogie idiote et dangereuse

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Le président américain a annoncé qu’il maintiendrait les sanctions contre la Russie, « au moins pour quelque temps », mais serait prêt à les lever si Moscou faisait preuve de bonne volonté :

« Si vous vous entendez bien et que la Russie vous aide vraiment [à lutter contre le terrorisme], pourquoi infliger des sanctions à quelqu’un qui accomplit de grandes choses ? »

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Position intenable.

En réalité, la position de Trump apparaît incohérente ou intenable – ou les deux. Passons sur le fait que le nouveau président ait choisi d’ignorer l’ingérence grave des Russes dans son élection, alors même qu’au Sénat démocrates et républicains se sont mis d’accord pour enquêter sur « les liens entre la Russie et des individus associés aux campagnes politiques », et sur les cyberattaques russes. Les soupçons de coordination entre la campagne de Trump et les alliés du Kremlin sont nombreux, même si aucun n’a été jusqu’à présent corroboré.

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Piratage russe de l’élection américaine ? « L’arme parfaite »

C’est sur le fond que la russophilie de Trump pose problème. Tout d’abord, la Russie de Poutine est, pour les Etats-Unis, un acteur mineur comparé à l’importance stratégique de la Chine. Obama a certainement eu tort de ne voir en elle qu’une « puissance régionale » agissant depuis « une position non de force mais de faiblesse ». Mais le fait est que, sur l’échiquier géopolitique mondial, elle n’est que l’ombre du géant soviétique.

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Poutine, Xi et… Trump : les nouveaux maîtres du monde

Ensuite, les intérêts de la Russie ne sont pas alignés sur ceux des Etats-Unis : entre autres, Vladimir Poutine est fier du rôle joué par la Russie dans l’accord passé sur le nucléaire avec l’Iran, allié solide sur le dossier syrien et partenaire commercial de Moscou. Selon William Burns, un expert démocrate qui aurait probablement été le secrétaire d’Etat de Hillary Clinton :

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« Poutine est persuadé que le moyen de rétablir la grande puissance de la Russie est de le faire aux dépens d’un ordre dirigé par l’Amérique, particulièrement en Europe mais aussi au Moyen-Orient. »

Enfin, la tentation évidente de mettre entre parenthèses toute préoccupation sur les droits de l’homme au profit d’une approche exclusivement tournée vers la négociation est très loin de faire l’unanimité aux Etats-Unis, non seulement dans les colonnes de la presse mais également sur les bancs du Congrès. Marco Rubio, sénateur de Floride et rival de Trump dans la campagne présidentielle, souligne :

« Si nous voulons de la clarté morale dans notre politique étrangère, nous devons être clairs, et je ne veux pas que nous nous dirigions vers une politique dans laquelle les droits de l’homme passent après tout le reste. »

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« La Russie constitue un danger »

Toutes ces contradictions ont explosé la semaine dernière lors des auditions au Sénat des candidats ministres de Trump, en un véritable feu d’artifice. Dans un ballet surréaliste, on a vu les intéressés contredire point par point le président-élu. James Mattis (Défense) : Poutine « tente de briser l’Otan », la Russie « a choisi d’être un concurrent stratégique, un adversaire dans certains domaines ». Quant à l’accord avec l’Iran, « même s’il est imparfait », il doit être honoré : « Quand l’Amérique donne sa parole, nous devons la tenir et travailler avec nos alliés. »

Russie : le patron de la CIA remonte les bretelles de Trump sur sa naïveté

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Mike Pompeo (CIA) : la Russie « ne fait rien pour aider à la destruction de l’Etat islamique », ses attaques militaires contre des civils en Syrie « sont une violation absolue des lois de la guerre », et il ne fait pas de doute que pendant la campagne présidentielle « une action agressive a été lancée par le sommet du pouvoir russe » pour influencer l’élection et « avoir un impact sur la démocratie américaine ».

Même l’audition de Rex Tillerson (Département d’Etat), favori du Kremlin, a réservé quelques surprises : « Nos alliés au sein de l’Otan ont raison de s’alarmer à la perspective de la résurgence de la Russie », « la Russie constitue un danger, elle a envahi l’Ukraine et violé les lois de la guerre », et les Etats-Unis devraient fournir des armes aux Ukrainiens pour défendre leur territoire… Du coup, rapporte le « Washington Post », « l’enthousiasme de l’establishment russe s’est refroidi considérablement » à l’égard de Donald Trump !

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« Un leadership totalement improvisé »

De tout ce chaos, une impression émerge : le danger du couple Poutine-Trump n’est pas de voir un nouvel ordre mondial dans lequel l’Europe serait prise en sandwich ; c’est, plus simplement, l’incohérence et l’absence de « grande stratégie » de la part du nouveau président. Dans « Foreign Policy », Micah Zenko et Rebecca Lissner écrivent :

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« L’administration Trump semble déterminée à patauger dans sa politique étrangère sans principes directifs initiaux ni moyens d’évaluer les progrès ou de trancher entre des objectifs concurrents, et ce avec un leadership totalement improvisé, sans précédent dans l’histoire récente. Une telle approche est dangereusement myope et présente un risque d’échec exceptionnellement élevé. »

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Pour bien des Américains, la bromance (1) Trump-Poutine a un côté presque rassurant, elle les ramène à un monde simple, binaire, familier, aux antipodes de cette mondialisation où tous les problèmes ont mille facettes et n’offrent aucune solution magique. En politique, le simplisme a beaucoup de défauts mais une qualité : il est le cache-sexe parfait du néant.

(1) Une bromance se définit comme une amitié forte entre deux hommes, avec un niveau émotionnel élevé, mais sans composante sexuelle.

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