Rachid Kassim, une des figures de proue de l’organisation djihadiste Daesh et recruteur francophone pour cette dernière, a été tué par un drone américain dans le nord de l’Irak, selon les Etats-Unis.

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Les autorités américaines l’ont déclaré ce vendredi soir. Rachid Kassim, recruteur bien connu de jihadistes francophones pour le compte de Daesh, aurait été tué par la coalition. Selon nos informations, l’information est toujours en cours de vérification par les services de renseignement.

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Il aurait été frappé par un drone américain dans la région de Mossoul, capitale irakienne de l’organisation terroriste, actuellement assiégée par les troupes de Bagdad et leurs alliés. Rachid Kassim était un recruteur de Daesh pour les pays francophones. Au-delà de ce rôle, il transmettait, via notamment sa chaîne sur l’application Telegram, les instructions de l’armée d’al-Baghdadi aux jihadistes désireux de commettre des attentats sur le sol français.

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Un nom lié à de nombreuses opérations terroristes

Le nom de Rachid Kassim est en effet revenu de nombreuses fois ces derniers mois dans l’actualité hexagonale et ce, dans une fonction de planificateur présumé d’opérations terroristes. Il a été cité dans le cadre de plusieurs affaires, comme l’assassinat d’un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), d’un couple de policiers à Magnanville (Yvelines). Il est également soupçonné d’être derrière l’action du commando des femmes arrêtées en région parisienne il y a quelques semaines.

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Mais Rachid Kassim, originaire de Roannes, ne se contentait pas de commanditer des meurtres. Lui-même en a perpétré, y compris devant les caméras de son « califat » autoproclamé. Avec un autre jihadiste, il était ainsi apparu dans une vidéo diffusé par Daesh le 20 juillet dernier, soit six jours après l’attentat commis sur la promenade des Anglais. Rachid Kassim s’était félicité de la sanglante attaque de Nice avant de lancer: « Que périsse le gouvernement français! » Puis de décapiter un homme, présenté comme un « espion de la coalition ».

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 Rachid Kassim dans l’œil du drone.

Son nom a surgi dans presque tous les attentats commis ou évités de justesse pendant l’été 2016. En juin, un jihadiste assassine un couple de policiers à leur domicile de Magnanville (Yvelines). L’auteur de l’attaque a été «inspiré» depuis l’Irak ou la Syrie par Rachid Kassim, un membre français de l’organisation Etat islamique tout juste trentenaire. Après l’attentat du 14 Juillet à Nice, le même Kassim publie une vidéo dans laquelle il se félicite du meurtre de ces 86 personnes sur la promenade des Anglais, menace François Hollande et égorge un otage vêtu d’un uniforme orange. C’est aussi lui qui encourage les futurs assassins du père Jacques Hamel, tué le 26 juillet dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), à passer à l’action le plus vite possible. Début septembre, quand un «commando de femmes» est interpellé pour avoir tenté de faire exploser une voiture devant Notre-Dame de Paris, c’est presque sans surprise que le même Kassim apparaît être en contact avec elles. En quelques semaines, le jihadiste originaire de Roanne (Loire) est devenu l’une des bêtes noires des services antiterroristes français. Son nom a alors été inscrit sur la liste des cibles de la coalition au sein de l’EI. Un bombardement dans lequel il pourrait avoir perdu la vie, vient de le viser.

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Le Pentagone a en effet annoncé ce week-end qu’un drone l’avait ciblé «près de Mossoul». La coalition refusait dimanche de donner des précisions, indiquant simplement que le tir a eu lieu dans les «dernières soixante-douze heures». «Nous évaluons en ce moment les résultats de la frappe», a poursuivi l’«officier de presse». Si la mort de Kassim n’est pas encore confirmée, le porte-parole du Pentagone, Adrian Rankine-Galloway, l’a jugée «probable» et un haut responsable de la lutte antiterroriste français, cité par l’AFP, a évoqué une «probable certitude». La confirmation peut prendre du temps et mobilise plusieurs leviers. «Nos adversaires communiquent beaucoup sur Internet, ils racontent leur vie, ce qui permet de faire des croisements», expliquait récemment  un haut responsable français du renseignement. Les familles des jihadistes sont parfois directement informées par l’organisation terroriste, qui peut aussi publier un communiqué, surtout pour les membres les plus importants.

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Listes de personnalités.

Ce raid de la coalition contre Kassim n’est pas le premier. Selon plusieurs sources, il avait été localisé mi-novembre à proximité de Mossoul, la capitale irakienne de l’organisation terroriste, grâce à une imprudence du jihadiste. Il avait néanmoins échappé à l’opération. «Kassim fait partie de ceux qui sont neutralisés dès qu’on peut les localiser», résume une source bien placée. En quelques mois, Rachid Kassim a mis en place une véritable stratégie de harcèlement des autorités françaises en utilisant l’application de messagerie Telegram. Le terroriste l’utilise autant pour diffuser sa propagande que pour donner des indications précises, voire piloter à distance des jihadistes présents en France, dont des adolescents ou des femmes. Des journalistes ont réussi à entrer en contact avec lui en se faisant passer pour des volontaires. «Au niveau des actions que tu voudrais faire, il y en a deux : soit tu essaies de venir ici [dans les territoires contrôlés par l’EI, ndlr], soit tu fais un truc de ouf là-bas, si tu vois ce que je veux dire», leur a recommandé Kassim, sans savoir à qui il s’adressait.

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Cette deuxième possibilité avait sa préférence. Sur sa chaîne Telegram, baptisée «sabre et lumière», «Ibn Kassim» diffusait quantité d’incitations à commettre des attentats en France, fournissant des listes, plus ou moins foutraques, de personnalités et professions à attaquer en priorité. Dans une interview donnée cet automne à Amarnath Amarasingam, chercheur à l’université américaine George-Washington, le jihadiste justifie ces imprécations : «Nous pensons que même une petite attaque dans le Dar al-Kufr [les pays « mécréants », ndlr] vaut mieux qu’une grosse attaque en Syrie. Alors que la porte de la hijra [l’émigration en Syrie ou en Irak] se ferme, la porte du jihad s’ouvre.»

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 Révélés par Mediapart, ses échanges avec Abdel Malik Petitjean, l’un des assassins du père Hamel, prouvent son implication comme donneur d’ordre : «Si t’as genre un petit bar, une terrasse de café, tu vois les trucs de « sheitanerie » [des diableries, ndlr], tu vois, genre boîte de nuit, truc comme ça.» Depuis l’Irak, le jihadiste lui demande de ne pas attaquer en priorité de cibles juives «parce que quand tu tapes la synagogue, les gens, ils pensent tout de suite au conflit israélo-palestinien». C’est l’autre obsession de Kassim : faire passer les attentats de l’EI pour des représailles aux bombardements de la France en Syrie et en Irak. Un argument souvent invoqué dans la propagande du groupe terroriste.

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Appel divin.

L’aura dont a joui Kassim auprès de sympathisants jihadistes doit beaucoup à son charisme. Né à Roanne, il y grandit, devient animateur social et rappeur, sans attirer l’attention des maisons de disque ni du public. Il n’est alors connu des services de police qu’en tant que victime d’un vol à la roulotte en 2007. Sa bascule dans l’islam radical commencerait peu après 2010, mais son départ en Syrie, avec sa femme et sa fille en bas âge, n’interviendra que beaucoup plus tard, au printemps 2015. De ce périple en voiture, il a tiré un récit halluciné, tendant à prouver qu’il a répondu à un appel divin, ainsi qu’il l’a confié au chercheur Amarnath Amarasingam : un homme serait apparu sur une autoroute turque embouteillée pour leur donner de l’argent et des vivres alors qu’ils n’avaient plus rien ; une soldate américaine en Turquie aurait été trompée par le rouge à lèvres dont se maquillait opportunément sa femme ; dans une planque proche de la frontière syrienne, les enfants d’une cinquantaine de volontaires pour l’EI se seraient soudainement endormis aux invocations de leurs mères alors qu’approchait une patrouille de soldats turcs.

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Sa position au sein de l’EI en Irak a fait l’objet de spéculations. S’il n’a sans doute jamais occupé de poste élevé dans la hiérarchie, ses relations avec les chefs paraissaient houleuses. Parce qu’il se mettait trop en avant dans sa communication ou outrepassait ses prérogatives, il aurait été sanctionné et contraint au silence, affirmait fin novembre un membre de la communauté du renseignement . En France, il est visé par plusieurs enquêtes préliminaires, toujours en cours tant que sa mort n’est pas certaine.

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